Il n'y a donc pas eu de revirement de situation de dernière minute, même si les discussions ont duré un peu plus longtemps que prévu. Depuis plusieurs semaines, l'Angleterre et le Japon étaient les grandissimes favoris pour recevoir les deux prochaines éditions de la Coupe du monde après celle en Nouvelle-Zélande en 2011. Et le vote de l'IRB, qui a eu lieu ce mardi à Dublin, n'a pas déjoué les pronostics, les 18 votants du conseil ont suivi les recommandations de la RWCL, filiale de l'IRB qui gère la compétition. L'édition 2015 aura donc lieu en Angleterre, qui avait déjà organisé l'épreuve en 1991 avec l'aide des autres pays britanniques et de la France.
Les Anglais, qui rêvaient d'accueillir à nouveau le tournoi planétaire d'un sport qu'ils ont inventé, ont séduit l'instance internationale en promettant des profits records (on parle de 350 millions d'euros) sachant que 98% du budget de l'IRB provient des recettes de la coupe du monde. La perspective de voir deux événements sportifs majeurs outre Manche coup sur coup, après les JO de 2012, n'a donc pas dérangé l'IRB, qui a donc encore fait confiance à une nation historique du rugby. L'Angleterre devrait s'appuyer sur Twickenham, le temple du rugby, mais aussi sur certaines enceintes dédiées au foot, comme Wembley, l'Emirates Stadium d'Arsenal, Old Trafford à Manchester et même le mythique Anfield à Liverpool.
Cardiff dans le projet
Comme en 1991, l'Angleterre a choisi de délocaliser quelques rnecontres, et c'est l'écrin du Millennium de Cardiff qui a été désigné. Les Anglais, évidemment ravis de la décision de l'IRB, promettent une compétition historique, comme le confirme Francis Baron, le président de la fédération: «Nous avons promis à l'IRB d'accueillir le tournoi le plus réussi de l'histoire, en nous appuyant sur l'énorme succès du Mondial-2007 en France et sur ce qui sera un magnifique tournoi en Nouvelle-Zélande en 2011».
Gordon Brown, le premier ministre britannique, a lui aussi salué ce choix: «C'est une très bonne nouvelle. La Coupe du monde de rugby est un nouvel évènement majeur à ajouter à la décennie du sport du pays et une nouvelle occasion de montrer la passion de notre nation pour le sport et les infrastructures de classe mondiale que nous avons à offrir.»
Le Japon enfin choisi
En 2019, le Japon aura en revanche enfin l'occasion de montrer qu'il peut être un acteur important. Les Nippons, battus sur le fil par la Nouvelle-Zélande pour 2011, font tout ce qu'ils peuvent pour développer le rugby au pays du soleil levant, en attirant par exemple quelques stars de l'hémisphère sud dans leur championnat. La candidature japonaise avait aussi reçu le soutien de Bernard Lapasset, le patron de l'IRB, qui veut élargir le champ du rugby dans le monde. 2019 sera donc la bonne pour le pays, qui a été préféré à l'Italie et à l'Afrique du sud, grâce notamment à son idée de délocaliser des rencontres à Hong-Kong ou Singapour. Le rugby passera alors un vrai test pour savoir s'il peut devenir un sport mondial et concurrencer le voisin du ballon rond.